Les dangers des produits chimiques dans l’alimentation

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Une des problématiques les plus préoccupantes de l’époque actuelle reste l’alimentation. Il y a bien sûr la problématique de la quantité de nourriture et de la faim dans les pays pauvres. Il y a aussi les questions autour de la qualité. Ces questions deviennent récurrentes à un point qu’on peut se demander s’il ne couve pas là la future source de l’un des plus gros scandales de l’histoire moderne.

Avec l’industrialisation quasi-systématique de la production de notre alimentation est aussi apparu l’utilisation de composants chimiques, choisis pour leur propriétés sur la conservation, l’apparence des produits. Cela étant, leurs effets ne se limitent souvent pas à ses propriétés désirées mais peuvent amener des risques parfois très importants, majorés par  » l’effet cocktail  » ou présences simultanées de plusieurs produits chimiques parmi ceux surveillés par les autorités sanitaires.

Déchiffrons les codes

Les étiquettes des emballages alimentaires voient fleurir la présence de sigles et de codes obscurs, familiers mais énigmatiques. Commençons donc par expliquer les principaux concepts derrière les additifs alimentaires.

  • E100:

    Ce sont les colorants, ils stabilisent ou apportent une couleur aux aliments qui les utilisent.

  • E200:

    Les conservateurs. Leur rôle est de retarder l’altération de l’aliment vis à vis des réactions microbiologiques.

  • E300:

    Les antioxydants sont eux aussi chargés de retarder l’altération du produit alimentaire, par rapport aux réactions d’oxydation cette fois. Le vieillissement du produit peut provenir de l’oxygène de l’air ambiant, de la lumière, mais aussi de la présence de traces de certains métaux ou enzymes. Cette classe contient aussi des régulateurs de l’acidité et des anti-agglomérants

  • E400:

    Les agents de texture; C’est la classe des gélifiants, épaississants, émulsifiants et stabilisants.

  • E500:

    Les acidifiants et correcteurs d’acidité

  • E600:

    Les exhausteurs de goût dont le célèbre glutamate.

  • E700:

    Les antibiotiques

  • E900:

    Ce sont les produits d’enrobage présents dans les confiseries, viennoiseries, les glaces. Cette classe contient aussi les additifs gazeux (dans la chantilly par exemple) et les édulcorants.

  • E999 – E15XX:

    D’autres additifs de types divers.

Vous trouverez ici une liste détaillée des additifs alimentaires.

Nous pouvons évoquer aussi ici les auxiliaires technologiques. Ils ne rentrent pas directement dans la composition des aliments mais contribuent à leur préparation. Citons par exemple les enzymes de la caillette de veau, utilisés depuis l’Antiquité dans la préparation des fromages. Evidemment, Il en reste fréquemment des résidus dans le produit final.

Un cocktail « explosif »

Bien que les autorités médicales et sanitaires mettent en place des études pour tenter de déterminer les doses acceptables de chacun de ces composés, la source d’inquiétude principale provient de leur omniprésence et donc notre exposition continue mais aussi des leurs effets cumulés (effet cocktail). D’après certains spécialistes, il conviendrait de ne pas acheter de produits contenant simultanément plusieurs de ces composants mais cela devient, en pratique, très difficile.

D’autres substances fréquemment retrouvées dans l’assiette

Nous listerons ici des produits plus ou moins connus, très présents dans les aliments et dont la toxicité est désormais avérée;

Pour ceux qui aimerait obtenir des informations supplémentaire, On peut signaler le programme d’études européen HEATOX. Il concerne de près certaines des molécules suivantes, car il fut mis en place pour connaître les effets de la cuisson sur la production de produits chimiques dans l’alimentation.

L’acrylamide

Cette molécule fait partie des produits dits néoformés, c’est à dire qu’ils sont absents dans l’aliment originellement et qu’ils se forment lors de la préparation / cuisson. Elle se forme à partir de produits riches en amidon et en asparagine lorsqu’il sont soumis à une température supérieure à 120°C.
C’est une substance qui a été reconnu cancérogène chez l’animal par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Sa toxicité pour l’homme est soupçonnée et sa diminution est devenue un enjeu de santé publique.

Il semble possible de limiter sa production en limitant la surchauffe de l’huile de cuisson, en évitant de faire dorer les produits et en évitant la consommation des zones des plus brunies par la cuisson.
source: ANSES

Les dioxines

Provenant principalement de l’industrie métallurgique et sidérurgique ainsi que d’une combustion incomplète lors de l’incinération des déchets ménagers, on les retrouve principalement dans les sols et dans les produits laitiers, la viande, les poissons.

Une exposition courte à une forte concentration peut induire lésions de la peau, tâches sombres et dysfonctionnement du foie. Quant à l’exposition longue, elle peut être catastrophique en dégradant les systèmes immunitaire, nerveux et endocrinien et provoquer des troubles de la reproduction.

les PCB

Ils sont aussi connus sous les noms de polychlorobiphényle, biphényles polychlorés, pyralène, askarel ou arochlor.Dotés d’une faible biodégradabilité et donc d’une forte persistance environnementale, ces produits ont été utilisés comme huile dans des équipements électriques et comme lubrifiants. Leur production semble avoir été stoppée dans les années 80. Ces substances peuvent être transportées dans l’environnement sur de longues distances et s’accumuler ainsi dans la chaîne alimentaire. Une exposition chronique est associée à des dégâts hépatiques, des troubles de la reproduction et de la croissance. Source: Ministère français de l’écologie, du développement durable et de l’énergie

Les phtalates

Ils sont très présents dans les produits en PVC car ils ont des propriétés sur la flexibilité des plastiques. Ils peuvent ainsi migrer des emballages ou des containers jusque dans les aliments.

Leurs effets sur les reins, le foie et le système reproducteur sont reconnus chez les rongeurs.

Source: INRS

Furane

Le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) la classe parmi les cancérogènes potentiels pour l’homme. Il faut bien séparer furane et furanes au pluriel. Furanes est utilisé comme abréviation pour les dibenzofuranes chlorés qui sont apparentés aux dioxines.

On peut les trouver en faible quantité dans les produits alimentaires ayant subi des traitements thermiques par altération de molécules présentes dans les aliments. On les trouve donc dans les aliments transformés.

Source: Santé Canada

Nitrosamines

Ces composés chimiques sont très dangereux du fait de leur fort potentiel cancérigène sur de nombreux organes. Ils sont classés comme cancérogènes par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé).

Ils sont produits par une réaction chimique dite de nitrosation entre nitrates ou nitrites et amides ou amines. Ils peuvent provenir des aliments ou de la réaction de nitrosation, dans l’estomac, à partir de produits alimentaires contenant des nitrites et d’autres contenant des amines.

L’irradiation des aliments

L’exposition des aliments aux rayons ionisants ou radioactifs est utilisée pour détruire bactéries et insectes présents dans les aliments en vue d’augmenter le temps de conservation. On note aussi une neutralisation du pouvoir germinatif des bulbes, graines et tubercules. En France, ce procédé est utilisé pour les fraises, les oignons et l’ail, les légumes et fruits secs, les herbes aromatiques, la viande de volaille, les camemberts.

En France et en Europe en général, les emballages doivent présenter obligatoirement un signalement explicite des produits soumis aux rayonnements ionisants. Mais, dans la pratique, leur incorporation dans les plats préparés, à d’autres produits non irradiés, supprime la signalétique et les fait passer inaperçus.

L’agriculture laisse des traces

Pour terminer ce résumé des sources de produits chimique dans l’alimentation, nous allons évoquer les résidus chimiques liés au méthodes de production agricoles.

Les pesticides

Ce terme regroupe insecticides, fongicides (contre les champignons), les herbicides, les parasiticides (contre les vers parasites). Bien que le terme pesticide puisse s’appliquer à des produits domestiques tels que les shampoing anti-poux, notre étude sera limitée ici à ceux utilisés dans l’agriculture.

La manifestation d’effets secondaires qui est sans doute la plus spectaculaire et triste est actuellement constatée avec la décimation des populations d’abeilles (site INRA).

Les intoxications aiguës semblent plutôt rares, accidentelles et limitées aux professionnels de l’agriculture.

Quant aux intoxications chroniques, la corrélation est avérée chez les enfants, en particulier sur l’apparition de certains cancers (comme les leucémies). On suspecte aussi certaines malformations congénitales, un lien avec la prématurité, des retard de croissance (étude).

Parmi les pesticides courants, nous pouvons retenir la classe des organochlorés (DDT) et celle des organophosphorés (Roundup).

Vous trouverez ici un lien vers un article de l’institut de veille sanitaire exposant les risques sanitaires des pesticides et les méthodes d’études de ces risque. Vous pourrez aussi obtenir une description détaillée de la toxicité des différents pesticides dans la base de données AGRITOX mais aussi des effets aigus et retardés.

métaux lourds et résidus divers

Parmi les résidus classiques de l’agriculture dite « conventionnelle », en dehors des pesticides, on trouve des métaux lourds (plomb, cadmium, mercure, arsenic), les nitrates et les nitrites, les mitotoxines.

Des études à poursuivre

Merci de nous avoir suivi jusqu’au bout de cet article qui, s’il n’est pas exhaustif sur le sujet, donne, nous l’espérons, une bonne vue d’ensemble sur le phénomène de la présence de produits chimiques et toxiques dans nos assiettes et nos aliments.

Si vous cherchez des alternatives pour une alimentation plus saine, nous vous encourageons à éviter les plats préparés et à chercher du côté des coopératives et jardin biologiques, présents partout à travers la France. Cela afin de préparer vous même une cuisine saine avec des ingrédients préservés et de bonne qualité.

Pourquoi ne pas non plus explorer du côté de l’alimentation crue qui permet de limiter la production des substances vues précédemment dans l’article, liées à la cuisson des aliments, et de d’obtenir sans effort une cuisine savoureuse.

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