Le traitement des plaies et des brûlures par le miel

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Le miel est un remède multifactoriel pour le traitement des brûlures et des plaies. En d’autres termes, les vertus du miel sur la cicatrisation des plaies et la guérison des brûlures sont multiples et touchent directement aux principaux facteurs de traitement. Car le miel est à la fois un antibactérien, un anti inflammatoire et, qui plus est, un cicatrisant qui favorise la renouvellement des cellules par la prolifération cellulaire qu’il déclenche. Ces propriétés, constatées depuis l’antiquité, ont été dorénavant validée par la science expérimentale moderne. On constate même un essor thérapeutique qui pousse certains laboratoires à l’intégrer à leurs produits.

Des actions antiseptiques multiples

Ces actions antibactériennes et curatives, connues depuis des temps très anciens, ont été validées par différentes études expérimentales, dont une étude originaire de l’université allemande de Bonn. Dans le monde clinique, le centre hospitalier de Limoges a vu être traitées par le miel, entre 2004 en 2010, plus de 3000 plaies abdominales, sous l’exercice du Professeur Descottes. Il constitue un sujet d’étude de tout premier choix, compte tenu de la problématique très présente de la résistance bactérienne aux antibiotiques.

On peut citer, parmi les éléments naturellement présents dans sa composition, l’inhibine, un antibiotique naturel à l’action forte.

De plus, le miel est une solution de forte osmolarité (ou concentration osmotique), qui jugule le développement des bactéries en captant l’eau nécessaires à la prolifération bactérienne.

Toujours sur le plan de la désinfection, la présence d’une enzyme glucoxydase entraîne une réaction chimique de production de peroxyde d’hydrogéne (appelé communément eau oxygénée). Et cette production est progressive, ce qui en augmente les effets désinfectants sans opérer une destruction cellulaire qui pourrait apparaître si la concentration de peroxyde d’hydrogène était trop élevée.

Autre facteur antimicrobien, la concentration du miel en glucose-lévulose étant élevée, les bactéries se détournent des acides aminés des cellules mortes au profit de ces sucres. S’opère alors une acidification du milieu et la destruction des bactéries sources de surinfections.

Une autre molécule désinfectante, découverte à l’université de Dresde (Allemagne) en 2008, appelée Methylglyoxal et abrégée MGO, est présente dans le miel, en concentration particulièrement élevée dans le miel de manuka de Nouvelle-Zélande. Cette concentration varie de 3 à 800 µg par gramme de miel, mais les effets antimicrobiens semblent apparaître à partir de 10 µg. On note alors une action plus ou moins forte sur certains germes tels que Staphylococcus Auréus (le fameux staphylocoque doré qui résiste à la méthycilline), les entérocoques (qui eux résistent à la vancomycine et le Pseudomonas aéruginosa (ou Bacille pyocyanique) exempt de candidat à la désinfection parmi les antibiotiques de la médecine conventionnelle. Il faut tout de même signaler qu’à forte dose le MGO peut développer un effet destructeur sur les cellules et conduire par voie sanguine à la glycation (vieillissement accéléré des tissus) ou à la cancérisation de cellules jeunes par la voie externe.

Une troisième moélcule a été mise en évidence en 2009 au Centre médical universitaire d’Amsterdam. Présente dans tous les miels bien qu’à très faible dose, elle semblable une hormone de nature peptidique d’origine humaine, la ß-défensine 1. En agrégeant la cellule hôte puis en la détruisant, elle joue le rôle d’un antibiotique.

En lien, une étude synthétique de grande qualité sur l’utilisation du miel en milieu hospitalier; Compte-rendu sur « le miel et la cicatrisation des plaies » par un docteur chirurgien de Saint-Brieuc

Cicatrisation et renouvellement cellulaire

Un des effets d’une bonne désinfection est de favoriser la cicatrisation recherchée.

Plus spécifiquement, le miel étant environnement humide (18% d’eau) et (généralement) acide, il favorise la cicatrisation . De plus, il a un effet osmotique avec sa forte concentration en sucres simples (80%), il permet de débarrasser la plaie des débris nécrotiques (ou cellules mortes). Il prévient les pansements de coller au liseré de granulation et permet le bourgeonnement cellulaire.

Anti-inflammatoire

Les flavonoïdes, du groupe des polyphénols, réduisent l’état inflammatoire si elles sont en concentration suffisante. Cette action anti-inflammatoire permet d’apaiser les douleurs pendant les cicatrisations.

Economie et sécurité

On peut trouver du miel pour des sommes très modiques, il suffira juste de le passer à l’analyse microbiologique pour vérifier sa conformité avec le milieu médical. Sa polyvalence évite l’utilisation de nombreux désinfectants et antibiotiques pour pallier aux nombreuses résistances. Il suffit parfois de nettoyer la plaie à l’eau distillée avant l’application du miel.

Anti-odeur

Nous avons déjà évoqué la forte concentration du miel en glucose et en lévulose, des sucres dont les bactéries se nourrissent. Elles délaissent alors les acides aminés des peaux mortes. La consommation des peaux mortes par les bactéries entraîne la production de composés aminés et sulfurés à l’origine de l’odeur putride de certaines plaies. Cette odeur n’est pas anodine car elle pousse parfois des patients à s’isoler socialement par honte et par crainte de provoquer le rejet et le dégoût.

En résumé, actions cumulées et efficacité

En cumulant des vertus antibactériennes, cicatrisantes et anti inflammatoires, dorénavant validées par diverses études cliniques, l’indication du miel dans la cicatrisation des blessures devient évidente et ce pour de nombreuses variantes de plaies; post opératoires, chroniques, escarres. Il est une guérison pour les brûlures. Parmi les nombreuses variétés, le miel de thym est particulièrement indiqué pour ces applications, le thym possédant déjà par lui-même des propriétés antivirales et antiseptiques.

Sources:
Etude clinique à l’hôpital de Lomé
Témoignage d’un médecin vendéen exerçant en gérontologie
Cas clinique vétérinaire

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